delta du danubeEntre montagnes, mer et campagne, la Roumanie est un pays qui a énormément de choses à offrir aux touristes en quête d’authenticité et de nature. Ce carnet de voyage à l’écart des itinéraires classiques va, je l’espère, vous permettre de découvrir ce pays sous un nouveau jour.

Jour 1, Bucarest : capitale et poumon culturel 

Bucarest n’est pas une très belle ville. Du moins, elle ne l’est plus. Autrefois elle était pourtant considérée comme le « Petit Paris », en raison des architectes roumains (Petre Antonescu, Ion Mincu) ayant étudié aux Beaux-arts de Paris, et ayant fortement influencé l’architecture de la ville. Mais un tremblement de terre en 1977 et les ambitions démesurées de Ceausescu qui a profité de la tragédie pour raser pas mal de maisons cossues, églises, etc., ont eu raison de la jolie Bucarest d’époque. Ne reste aujourd’hui qu’une toute petite partie des magnifiques maisons de maîtres et bâtiments d’autrefois : et entre autres le quartier Lipscani, véritable écrin préservé.

La plupart des vols depuis l’étranger atterrissent dans la capitale, il serait donc dommage de ne pas visiter Bucarest, qui a tout de même beaucoup à offrir.

L’art comme exutoire

Si Bucarest ne s’est pas encore reconstruite d’un point de vue architectural, son foisonnement artistique et culturel en fait un endroit incontournable pour les touristes. Expositions, spectacles, concerts : la culture est partout. Des dizaines d’évènements se déroulent chaque semaine dans la capitale et ses environs, et il y en a pour tous les goûts : des plus underground, comme par exemple les Abduction Beams Parties (des soirées lasers / musique organisées régulièrement dans la forêt proche), aux expositions de peinture plus classiques dans les musées, les évènements artistiques et culturels attirent de nombreux bucarestois et visiteurs de passage.

Où manger à Bucarest :

  • La Mama (str. Episcoepei), proche de l’Athénée (salle de concert de l’orchestre de Bucarest) est une adresse idéale si vous souhaitez goûter la cuisine roumaine pour pas cher. Cuisine relativement bonne, plats copieux et variés.
  • The Artist, qui se situe dans la rue Nicolae Tonitza, à quelques centaines de mètres du Palais du Parlement, est une autre adresse de choix. Par contre là, c’est beaucoup plus cher, cuisine gastronomique oblige.

Où boire un verre à Bucarest :

Bon alors là, vous avez l’embarras du choix. Parmi mes adresses préférées, je ne peux pas ne pas parler de la « Laptaria Enache », un bar sur le toit du Théâtre National de Bucarest, où sont projetés chaque soir des films français, américains, etc., en VO (ST en roumain). Ici se réunissent de nombreux jeunes qui étudient les arts (musique, cinéma, etc.).

Jours 2 et 3, monts Fàgàras : aussi splendides que dangereux

fagarasA environ 230 kilomètres de Bucarest se trouvent les monts Fagaras, traversés par une route construite sous Ceausescu, dans les années 70, dans des conditions difficiles (falaises escarpées, sécurité minimale…). Pendant les travaux, de nombreux ouvriers sont morts : officiellement 40, mais il est plus probable que près d’un millier ait perdu la vie durant la construction de la route, du grand barrage Vidraru, et du tunnel qui se trouve au point culminant de la route.

D’ici partent de nombreux sentiers de randonnée, mais il est indispensable de partir avec un guide. Montée des eaux l’été, froid glacial en hiver : les risques pour les touristes existent, il n’est d’ailleurs pas rare de lire dans les faits divers des journaux roumains des histoires de disparition de randonneurs imprudents.

Petite info insolite: en haut de la route, juste avant le tunnel, se trouvent les toilettes « Belvédère » (c’est comme ça qu’on les appelait avec des amis). Il s’agit de toilettes ouvertes sur le vide et d’où la vue est imprenable : les monts Fagaras se dévoilent dans toute leur splendeur. Une expérience plutôt marrante, à éviter si vous avez le vertige ;).

Jours 4 et 5 : Brasov et Bran, berceau de la légende de Dracula…

BrasovEn repartant vers l’Est, faites un détour par la ville de Brasov, très belle cité de style gothique. Son Eglise Noire construite par les Allemands est particulièrement impressionnante. Ses ruelles pavées et ses jolies maisons du centre-ville sont aussi très agréables pour une petite balade à pied. Et à quelques petits kilomètres de la ville se trouve le Château de Bran, datant du 13e siècle. Il se visitait jusqu’en 2009, avant qu’il ne redevienne la propriété des Habsbourgs. Aujourd’hui, seule une partie est visible… Classé monument historique, ce château a inspiré la légende de Dracula : Vlad l’Empaleur, prince de Valachie, y aurait séjourné (mais cela n’a pas été vraiment vérifié, et relève plus du mythe qui l’entoure). Le village de Bran et les vallons qui l’entourent rendent néanmoins ce petit détour très agréable : à faire donc si vous aimez l’Histoire (un peu) et la nature (beaucoup).

Jours 6 et 7 : le Delta du Danube

delta du danubeAmateurs de nature préservée, vous voilà servis : le Delta du Danube, lieu où le Danube se déverse dans la mer Noire, est le plus vaste delta européen, classé au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Ses très nombreux canaux constituent un vaste labyrinthe préservé, dans lequel vivent plus de 300 espèces d’oiseaux (cormorans, pélicans, etc.) et près de 50 espèces de poissons d’eau douce.

Vous pouvez louer un bateau à partir de Tulcea – avec son conducteur, sinon vous risqueriez de vous perdre – et y passer une journée entière. Peut-être aurez-vous la chance de croiser des paysans qui y vivent en quasi-autarcie… Certains voyageurs campent même plusieurs jours dans cette zone préservée : veillez à respecter la nature autour si vous le faites, bien entendu.

Jours 8 et 9 : la mer, à Vama Veche, 2 Mai

Vama vecheEh oui en Roumanie, il y a aussi des plages, plutôt pas mal d’ailleurs, avec du sable, et une eau relativement chaude – grosso modo même température qu’en Méditerranée. Si les stations les plus courues par les Roumains sont Constanta et Mamaia, celles-ci ont perdu de leur charme et il n’y a pas de réel intérêt à y aller. Les hôtels qui se sont construits, les clubs et restos ont un peu gâché le paysage…

Du coup, je vous conseille un coin un peu plus authentique et « calme » (mais tout est relatif) : Vama Veche. En fait, Vama Veche (qui signifie Ancienne Douane), est l’une des stations principales du sud de la Roumanie, à la limite de la Bulgarie, et connue pour avoir été une station balnéaire de hippies. Aujourd’hui, à Vama Veche, des restos et bars les pieds dans l’eau permettent de profiter du décor en toute simplicité, avec musique tout au long de la nuit. Pour dormir, je vous conseille 2 Mai, petit village plus tranquille et à quelques minutes en voiture seulement.

Drum bun !

 

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