Comme je vous le disais dans ce billet sur Cork, j’ai vécu près d’un an en Irlande. J’ai travaillé dans une boutique de vêtements – un vrai cauchemar (j’y reviendrai peut-être plus tard) – pour me payer un appartement avec une amie. On s’est adaptées assez facilement à la vie là-bas, entre soirées au pub, restos, virées à la campagne, et découverte de la culture irlandaise. Avant de rentrer en France, on a pris 2 semaines pour faire le tour de l’Irlande. C’était en 2006.

1 – Cobh, dernier port d’attache du Titanic

Cobh
© Ralph Rawlinson

Port maritime de premier ordre au 19e siècle, Cobh (qui se prononce « Cove »), au sud de Cork, a été l’ultime point de passage de nombreux émigrés souhaitant rejoindre les Etats-Unis. Un mémorial a d’ailleurs été érigé à proximité de l’Heritage Center en l’honneur de la première personne à avoir été enregistrée sur Ellis Island. Il s’agissait d’Annie Moore, une jeune Irlandaise de 17 ans, partie de Cobh avec ses deux jeunes frères. C’était en 1892. Et en 1912, le RMS Titanic quittait Cobh pour entamer sa traversée de l’Atlantique.

2 – Limerick, un petit bout d’Amérique

J’ai découvert Limerick sous le soleil. Je le précise parce qu’avant d’y mettre les pieds, je m’étais imaginé un endroit gris, morne, presque lugubre. Je venais de lire « Les cendres d’Angela ». Et même si elle n’est pas aussi colorée que Cork, ni aussi connue que Dublin, Limerick m’a eue. Je suis tombée sous son charme. Fondée par les Vikings, habitée par les Normands avant d’être assiégée par les Anglais, Limerick a fortement décliné lors de la Grande Famine (ou Potato Famine, qui a fait environ 1 million de morts entre 1845 et 1852). Et ce n’est que vers la fin du 20e siècle qu’elle a repris son souffle.

château jean sans terre Limerick
© D. Johnston / Geograph.org.uk

Aujourd’hui, Limerick est plus vivante que jamais, entre expos, événements sportifs, festivals, etc. La ville abrite un superbe château, le King John’s Castle, en plein centre-ville, construit au 13e siècle sur ordre du roi Jean sans Terre. Et dans les rues on a un peu le sentiment d’être aux Etats-Unis, avec cette architecture américaine : vous savez, ces immeubles de briques rouges et ces fenêtres à guillotine, sooooo New-yorkaises.

3 – Galway, le sanctuaire des otaries

Après Limerick, direction le Nord vers Galway, petite ville portuaire (4e ville d’Irlande). Ce dont je me souviens le mieux, excepté les nombreux backpackers qui passaient par la ville, ce sont les colonies d’otaries qu’on voyait au large du port. Et c’est aussi d’ici qu’on part pour les îles d’Aran.

4 – Aran Islands, un tandem et un ferry presque manqué

iles aran irlandeLes Aran Islands, c’est l’Irlande dans toute sa splendeur. Imaginez un océan déchaîné, une terre aride, des falaises escarpées et un vent puissant qui fait valser les hautes herbes, et vous aurez les îles d’Aran. Un ferry vous y emmène depuis Galway en quelques dizaines de minutes. Trois îles constituent cet archipel du bout du monde. Inis Mor est la plus grande. Religieux et paysans l’ont habitée depuis le Ve siècle, voire même bien avant. Le Dun Aonghasa, fort préhistorique construit au bord d’une falaise imposante de 100 mètres de haut, date de l’âge de fer.

 

iles aran irlande typique

 

 

Pour la visiter, on a pris un tandem. Au bout d’un moment on s’est aperçues qu’il y avait de sacrées montées. On a donc fini par abandonner le vélo en se disant qu’on reviendrait bien sur nos pas pour reprendre le ferry (vous la sentez déjà, la belle erreur ?). Evidemment, accaparées par la beauté du site, on en a oublié l’heure.

 

 

On s’est retriles aran tandem irlandeouvées dans une course contre la montre, à 30 minutes du départ du ferry, à dévaler les petits chemins délimités par ces murets de pierres comme des folles furieuses pour récupérer ledit tandem. On est montées dans le ferry in-extremis. Mais avec le recul, je me dis que même si on l’avait raté, on aurait sûrement trouvé refuge chez l’habitant, parmi les quelque 800 âmes qui peuplent l’île.

 

 

 

5 – Sligo, un dernier verre avant la frontière

Garavogue Sligo Irlande
© Kenneth Allen / Telegraph.co.uk

Sligo a été notre dernier arrêt avant de passer en Irlande du Nord. Tout comme Limerick, la ville n’a pas été épargnée par les éléments : épidémie de choléra, famine, guerre civile… Bref, rien ne laissait réellement présager qu’elle deviendrait une ville agréable et attrayante. Et pourtant. On y a passé une soirée hyper chouette, à siroter des verres en terrasse au bord de la petite rivière qui traverse la ville, la Garavogue. Sligo a comme un léger goût de ville industrielle avec un je-ne-sais-quoi d’Amsterdam. Etrange mélange hein ? Pour l’anecdote et briller en société, sachez que Saint Patrick aurait béni la Garavogue pour qu’elle produise des saumons toute l’année. 

6 – Belfast, you are now entering UK territory

belfast muralsVoilà qu’on passe du côté de l’Irlande du Nord. Bombardée par les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale, sérieusement endommagée pendant la guerre civile qui a pris fin en 1990, Belfast a été notre unique étape au Royaume-Uni durant ce tour d’Irlande. Le plus impressionnant, ce sont ces peintures murales, les Belfast Murals, mélange d’art et de messages politiques, de propagande, preuve que la ville est encore fortement divisée entre les loyalistes (pro-britanniques) et les républicains (opposés à la présence britannique en Irlande du Nord).Les tensions existent encore aujourd’hui : le conflit nord-irlandais n’a pris officiellement fin qu’au début des années 2000, mais en 2013, des émeutes avaient encore lieu à Belfast.

belfastCeci étant, Belfast est une très belle ville qui a su capitaliser sur son Histoire tout en se tournant vers l’avenir : l’architecture du centre-ville en est le reflet, entre immeubles anciens et buildings contemporains.

7 – Dublin, la colorée

Ah Dublin… Dernier arrêt de notre tour d’Irlande, la ville nous a réservé de belles surprises, en particulier à cette époque, un peu hors saison. Pour terminer en beauté, on a profité du centre et surtout du vieux quartier de Temple Bar. Cliché, oui. Evidemment que c’est cliché. Mais qu’est-ce que c’était joli aussi ! Les petites rues piétonnes et les façades boisées et colorées des pubs et autres boutiques du centre-ville lui apportent un sacré charme, à cette chouette petite capitale… Bon, quand est-ce que je repars moi ?

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